L’ordonnance numérique a été mise en place pour renforcer la sécurité du parcours de soins. Elle améliore la compréhension des traitements et simplifie la délivrance.
Toutefois, sans posologie structurée, il devient impossible d’exploiter le potentiel complet de l’ordonnance numérique.
La HAS a donc décidé de publier un référentiel afin d’homogénéiser les posologies de toutes les ordonnances numériques émises. Le référentiel pose les bases d’une posologie structurée en vue de la publication d’un référentiel technique. On vous explique tout dans cet article
Qu’est-ce qu’une posologie structurée ?
C’est une posologie dont chaque élément est décrit de manière standardisée pour être interprété automatiquement. La posologie comprend :
- Le dosage
- La voie d’administration
- Le rythme de prises
- La durée du traitement
- Les éventuelles mentions complémentaires
La norme internationale ISO 17251 fournit ce cadre. Elle structure les données tout en intégrant une partie textuelle pour les cas particuliers. Cette norme constitue une base pour le référentiel en adaptant les standards aux pratiques françaises tout en assurant la conformité avec la norme.
Pourquoi structurer la posologie des ordonnances numériques ?
S’assurer de structurer les posologies, c’est s’assurer que tout le monde parle le même langage en ne laissant aucune place à l’interprétation ou l’estimation en fiabilisant le processus de prescription.
Sécuriser la prescription
L’absence de structure posologique favorise l’ambiguïté et la mauvaise interprétation des ordonnances. Instaurer une posologie structurée permet une meilleure lecture des ordonnances numériques.
Cela permet aussi d’optimiser l’analyse des données de prescriptions à plus grande échelle.
Fluidifier le circuit du médicament
Aujourd’hui, le pharmacien doit souvent ressaisir les posologies pour diverses raisons. Cette étape augmente la charge de travail et génère un risque d’erreur.
Une posologie structurée supprime cette charge administrative supplémentaire. Elle garantit la cohérence entre la prescription, la e-dispensation et donc l’administration.
Répondre aux exigences réglementaires
Dès 2029, les ordonnances de tous les citoyens européens doivent être déposés dans dossier médical transfrontalier prévu par le règlement relatif à l’Espace européen des données de santé (EEDS).
La structuration devient donc indispensable pour soutenir le déploiement et l’utilisation de l’ordonnance numérique en vue d’un déploiement à l’échelle européenne.
Le rôle central du RUIM
Le Référentiel unique d’interopérabilité du médicament (RUIM) est le référentiel national qui porte la représentation structurée des médicaments (identification, DCI, présentations, etc.) et qui est conçu pour soutenir la prescription, notamment en dénomination commune. Il permet une identification univoque du médicament à l’échelle française.
Limiter la confusion entre la substance active et la fraction thérapeutique
Le dosage d’une spécialité pharmaceutique s’appuie soit sur la substance active, soit sur la fraction thérapeutique.
La substance active (principe actif présent dans le conditionnement) ou la fraction thérapeutique (principe actif libéré dans le corps du patient après administration
Cette distinction influence les calculs de dose, car la masse moléculaire de la substance active et de la fraction thérapeutique sont différents. Le RUIM permet donc de savoir si la posologie est exprimée en fonction de la substance active ou de la fraction thérapeutique.
Gérer les unités et conversions
Le référentiel propose les correspondances nécessaires entre les unités massiques, volumes ou unités de prise.
Le cas limite de certaines de voies d’administrations
Certaines posologies restent difficilement structurables, comme les dosages exprimés par « noisette » ou de « goutte », qui n’expriment pas une quantité strictement mesurable. Pour ce type de cas, le texte libre demeure possible, mais doit rester cohérent avec la partie structurée.
Que dit le référentiel ?
Le référentiel prend en compte des exemples des pays étrangers ayant déjà structurés leur posologie des ordonnances au niveau national et pose 36 exigences de structuration de posologie.
Ce référentiel est un prérequis à l’élaboration par l’ANS des spécifications techniques, définies dans le cadre d’interopérabilité des systèmes d’information de santé (CI-SIS).
Il permettra à la CNAM de poursuivre la mise en œuvre progressive de l’ordonnance numérique, en favorisant l’interopérabilité des systèmes d’information de santé.
Conclusion
La posologie structurée représente une avancée stratégique pour la sécurité du médicament ainsi que pour l’ordonnance numérique. Elle soutient la qualité de la prescription électronique et renforce la cohérence entre les acteurs et les systèmes.
Pour ce faire, l’Espace européen des données de santé a choisi le standard FHIR10 en tant que langage européen d’échanges de données pour les cas d’usages jugés prioritaires sélectionnés, dont les prescriptions électroniques (l’e-Prescription).
Les éditeurs doivent toutefois attendre les spécifications techniques attendues pour 2027 pour pouvoir comment quelconque mise en conformité avec un déploiement pour mars 2029 (date d’entrée en vigueur du règlement de l’EEDS).