Depuis le 17 septembre 2026, le droit de prescription kinés évolue. Le masseurs-kinésithérapeutes disposent d’une nouvelle liste de médicaments et dispositifs médicaux éligibles à la prescription. Cette évolution concerne des dispositifs médicaux, des produits utiles aux soins et, pour la première fois, plusieurs catégories de médicaments.
Cette évolution donne plus d’autonomie aux kinés et peut simplifier le parcours patient. Nous détaillons ces changements ci-dessous.
Sommaire
Quels produits de santé peuvent prescrire les masseurs-kinésithérapeutes depuis septembre 2026 ?
L’arrêté du 14 septembre 2026 remplace l’ancien arrêté du 9 janvier 2006. Le changement principal est clair : la liste ne porte plus seulement sur des dispositifs médicaux, mais sur des “dispositifs médicaux et médicaments”.
Les dispositifs médicaux éligibles
La nouvelle liste comprend 58 postes, contre 16 auparavant. Elle couvre notamment :
- les aides à la déambulation : cannes, béquilles, déambulateur
- les fauteuils roulants, poussettes et certains fauteuils électriques, en location de moins de 3 mois
- les lits médicalisés à la location
- les aides au transfert et au maintien à domicile : barre de redressement, verticalisateur, planche de transfert, barres de douche, rehausseur de WC
- les attelles, désormais précisées comme souples, rigides ou articulées
- les ceintures de soutien lombaire
- les colliers cervicaux de repos
- les orthèses de posture, de fonction ou de correction progressive, sur mesure ou non
- les chaussures thérapeutiques de série
- les manchons, bandes, chaussettes, bas-cuisse, collants et bas de contention souple élastique
- les bandes adhésives de contention souple et rigide
- les dispositifs TENS à la location
- le matériel de rééducation périnéo-sphinctérienne
- les pansements secs, étanches ou hydrocolloïdes
- les dispositifs de cryothérapie, thermothérapie et cryocompression
- certains dispositifs respiratoires
- les tensiomètres, oxymètres et saturomètres
Certains médicaments viennent s’ajouter à la liste
Depuis septembre 2026, la liste officielle ne concerne plus seulement des dispositifs médicaux.
Elle inclut aussi plusieurs catégories de médicaments que les masseurs-kinésithérapeutes peuvent prescrire dans le cadre de leurs compétences.
- Crèmes et pansements cicatrisants
- Sérum physiologique isotonique en unidose
- Sérum salé hypertonique pour nébulisation si renouvellement de prescription
- Crème émolliente et hydratante à base de glycérine, paraffine et vaseline
- Crème ou gel hydratant et cicatrisant vaginaux
- Crème anesthésiante
Ainsi que :
| Catégorie | Précision réglementaire |
|---|---|
| Substituts nicotiniques | Sans restriction de forme |
| Mucolytiques | Sans restriction de forme |
| Antiseptiques locaux | Hors produits à composés iodés |
| Myorelaxants | À l’exclusion des formes injectables |
| Antalgiques de palier 1 | Selon la classification de l’OMS, à l’exclusion des formes injectables |
Quelles sont les conditions et limites de la prescription kiné ?
Les droits de prescription s’étendent mais la pratique reste encadrée. Avant de prescrire, le kinésithérapeute doit vérifier plusieurs points :
- Le produit ou le médicament doit figurer dans la liste officielle de l’arrêté du 14 septembre 2026
- La prescription est possible sauf indication contraire du médecin
- Les produits et matériels utilisés pendant la séance ne sont pas concernés, sauf indication contraire du médecin
- La prescription doit concerner un patient pris en charge et relever de la compétence du kinésithérapeute.
⚠️ À ce jour, les médicaments prescrits par un kiné ne sont pas remboursés par l’Assurance Maladie : une modification du code de la sécurité sociale est nécessaire. Les dispositifs médicaux inscrits à la LPPR restent remboursables.
Pourquoi le droit de prescription devient un enjeu pour les kinés ?
Pour les kinés, cette évolution a trois conséquences au quotidien. Ils doivent connaître précisément ce qu’ils peuvent prescrire, rédiger des ordonnances conformes et intégrer cette nouvelle mission dans leur organisation.
L’enjeu est de savoir comment intégrer cette nouvelle mission en pratique : comment prescrire rapidement, sans sortir du cadre autorisé, tout en sécurisant le dossier patient et le parcours de soins ?
Cette évolution pose notamment plusieurs questions concrètes :
- Quels produits et médicaments peuvent être prescrits ?
- Comment éviter une prescription hors périmètre ?
- Quelles informations faire apparaître sur l’ordonnance ?
- Quel outil utiliser pour gagner du temps et rester conforme ?
Comment rédiger une ordonnance kiné conforme ?
Une ordonnance kiné doit être claire, complète et exploitable par le patient comme par le professionnel qui délivre le produit.
Elle doit notamment faire apparaître :
- l’identité du patient
- l’identité et les coordonnées du kinésithérapeute
- le numéro d’identification professionnel
- la date de prescription
- le produit, dispositif ou médicament prescrit
- la quantité ou la durée si nécessaire
- les précisions utiles : taille, modèle, location, posologie ou modalités d’utilisation
- la signature du prescripteur.
Prescription kiné et LAP : pourquoi s’équiper ?
L’élargissement du droit de prescription donne plus d’autonomie aux kinés, mais il ajoute aussi une charge administrative. Chaque ordonnance doit être conforme, lisible et adaptée à la situation du patient.
Pour cela, l’usage d’un logiciel d’aide à la prescription (LAP) permet de générer facilement une ordonnance conforme, avec plusieurs avantages :
- structurer l’ordonnance
- gagner du temps sur les prescriptions fréquentes
- sécuriser la prescription des médicaments autorisés
- conserver une trace dans le dossier patient
Ordoclic : un logiciel d’aide à la prescription pour accompagner les kinés
Avec l’élargissement du droit de prescription, les kinés ont besoin d’un outil capable de les aider à prescrire dans le bon périmètre.
Ordoclic propose un logiciel d’aide à la prescription certifié par la HAS conçu pour accompagner les professionnels de santé dans la rédaction d’ordonnances numériques. La liste HAS des LAP en médecine ambulatoire certifiés mentionne 51 LAP certifiés en cours au 17 juillet 2026.
Pour les masseurs-kinésithérapeutes, l’objectif est pratique : sécuriser la prescription, s’appuyer sur le dossier patient et réduire le temps administratif lié aux ordonnances.
FAQ
Oui, depuis le 17 septembre 2026, les masseurs-kinésithérapeutes peuvent prescrire certaines catégories de médicaments listées par arrêté : substituts nicotiniques, mucolytiques, antiseptiques locaux hors iodés, myorelaxants hors injectables et antalgiques de palier 1 hors injectables.
Ces médicaments ne sont toutefois pas remboursés à ce jour.
Le droit de prescription de produits de santé est distinct de la réalisation des séances. Pour les soins, l’article L4321-1 prévoit des cas d’accès direct dans certains établissements ou structures, avec une limite de huit séances par patient si aucun diagnostic médical préalable n’a été posé.
Pour une ordonnance numérique de médicaments, l’ANS indique que le recours à un LAP certifié HAS, adossé à une base de médicaments certifiée et à jour, est obligatoire pour les professionnels de santé concernés.
Pas à ce jour. Une modification du code de la sécurité sociale est nécessaire pour que les kinés puissent rédiger des prescriptions de médicaments remboursables. Les dispositifs médicaux prescrits restent remboursables s’ils sont inscrits à la LPPR.