Lorsqu’un patient consulte son médecin, il en sort la plupart du temps avec une ordonnance/prescription médicale.

Cette ordonnance, au format papier (imprimée ou manuscrite) a pour vocation de permettre une délivrance de soins, d’examens, ou de médicaments.

Elle est un élément majeur de l’historique de soins, pourtant, une fois numérisée par son destinataire (généralement un pharmacien), elle est souvent jetée, ou égarée.

Le support papier des prescriptions présente de nombreux désavantages, tels que la falsification, courante et facile, la duplication, aisée, ou encore le vol, les pertes et la non-traçabilité.

Pour ces raisons, de nombreux pays, et bientôt la France vont enfin adopter la e-prescription (ou prescription électronique).

Qu’est-ce que la e-prescription ?

Poussée par un usage récent des téléconsultations, la e-prescription est souvent confondue avec la dématérialisation des ordonnances.

Pour faire de la e-prescription, il ne suffit pas d’intégrer une image numérisée de signature sur un document texte, et de le mettre à disposition en impression patient sur un serveur.

La e-prescription sous-entend différentes étapes dans le processus de création de l’ordonnance en ligne permettant d’assurer la sécurité et l’intégrité des prescriptions. Il faut notamment :

1) Réaliser une ordonnance par voie électronique grâce à un référentiel d’interopérabilité :
– Avec une base qui est commune entre les différents acteurs de l’écosystème ;
– Un langage d’interopérabilité qui permet à l’ordonnance d’être transcrite dans n’importe quel système informatique destinataire ou service tournant autour de la e-prescription.

2) Avoir un prescripteur qui est dûment identifié, de façon forte :
– Avec une authentification forte du praticien ;
– Une vérification d’identité, vérification des droits d’exercer ;
– Un certificat électronique attitré par praticien ;

3) Des moyens techniques pour assurer l’intégrité du document :
– Une signature électronique valide ;
– Un hébergement HADS ;
– Un ensemble de moyens cryptographiques sécurisant les données ;
– Des métadonnées structurées ;
– Une traçabilité parfaite (logs) des interactions avec les comptes patients.

4) Un ensemble de systèmes et de suites de tâches permettant de respecter :
– Le cadre légal et déontologique :
– Le libre choix du patient (compte patient, gestions d’accès, notifications, référencement des PDS) ;
– L’unicité de l’ordonnance ;
– La gestion des renouvellements ;
– La gestion et traçabilité des demandes de modification de prescription.

Comment et quand arrive la e-prescription en France ?

La loi santé 2022 prévoit une mise en place progressive de la e-prescription en France avec un objectif de 100% de prescriptions électroniques à la fin du quinquennat.

Pour développer ces services, la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) a initié avec les éditeurs des travaux d’uniformisation des bases de données médicamenteuses et de structuration des prescriptions électroniques.

La PEM2D (la prescription électronique du médicament) est la première étape. Elle permet une structuration sous forme de datamatrix (QR Code) des données de prescription, imprimé sur une ordonnance remise au format papier aux patients.

Ce datamatrix est lisible par les lecteurs présents en pharmacie, permettant aux logiciels pharmaciens (LGO) d’intégrer la prescription du médecin à l’identique.

Il est prévu d’étendre ces travaux aux dispositifs médicaux (DM).

Evolution du modèle 

Selon les résultats de la PEM2D et l’acceptation des professionnels de santé, la PEM sera une évolution consistant en l’envoi des prescriptions électroniques directement sur les serveurs de la CNAM, avant délivrance des médicaments.

Le patient aurait un récépissé (comme en Belgique) papier ou sur son DMP, permettant au pharmacien de questionner le serveur CNAM pour récupérer l’ordonnance.

La télétransmission des pièces justificatives (SCOR) serait à terme abandonnée.

Impacts pour les professionnels de santé 

L’impact de la e-prescription dans le quotidien des professionnels est majeur.

D’une part, il faut totalement abandonner la prescription manuscrite. Pour atteindre 100% de e-prescriptions il faudrait donc que 100% des médecins réalisent leurs prescriptions de façon informatisée. Or, les interfaces actuelles des logiciels d’aide à la prescription n’engagent pas 100% des prescripteurs.

D’autre part, la e-prescription est synonyme de structuration, donc de diminution des libertés en termes de choix, de formes commerciales, et de restriction du texte libre.

L’imposition progressive des normes de e-prescription en France va condenser le marché du logiciel d’aide à la prescription (LAP) et ouvrir la voie à de nouveaux acteurs, et peut-être enfin à l’innovation parmi les logiciels métiers professionnels.

Les limites 

Concernant les soins, la biologie, la radiologie, l’anatomo-pathologie ou encore la correction optique, rien n’est fait.

Ordoclic travaille depuis trois ans sur ces sujets avec les acteurs majeurs de ces marchés.

L’acceptation des professionnels reste à démontrer, en termes de contraintes mais également en termes de risque et de craintes de surveillance vis-à-vis des organismes de remboursements.

Ce que propose Ordoclic 

Depuis 2017, Ordoclic, fondé par des médecins, propose une solution alliant dématérialisation des ordonnances et e-prescription, avec un des flux de travaux sécurisé et validé par les instances Ordinales.

Ordoclic dématérialise l’ensemble des ordonnances et des documents médicaux de n’importe quel logiciel métier grâce à un plugin permettant la lecture des cartes CPS, Vitale et signature électronique.

Un compte patient est créé avec l’accord de ce dernier grâce aux informations Vitale du patient, lui permettant de visualiser et de partager ses ordonnances avec n’importe quel professionnel de santé du territoire.

Parallèlement à cela, le LAP Ordoclic permet de réaliser des e-prescription 100% structurées de n’importe quel médicament, examen biologique ou radiologique, interopérables avec les systèmes destinataires.

La norme PEM sera intégrée au LAP d’Ordoclic, rendant Ordoclic totalement compatible avec le système PEM2D/PEM, ainsi que l’ensemble des normes futures pour les autres catégories de prescription.

Le dossier patient partagé crée par Ordoclic avec les cartes Vitales a vocation à être tout à fait interopérable avec le DMP, permettant aux patients d’archiver leurs documents et ordonnances depuis Ordoclic vers le DMP, une fois la période d’interactions actives passée.

Les professionnels de santé peuvent également choisir d’alimenter en Y le DMP et MSSANTE à partir des interfaces web et logiciel d’Ordoclic, pour les e-prescriptions et pour n’importe quel document médical.

Ordoclic développe et s’interconnecte avec d’autres services très pertinents autour de la e-prescription : attribution en pharmacie, rappels de prise, rappels de renouvellements, messagerie sécurisée, agenda médical en ligne, signature électronique côté patients, notifications, portage de médicaments et analyse d’interactions.

Conclusion

L’arrivée de la e-prescription en France va sécuriser la prescription, améliorer l’observance et la prévention des patients, fluidifier les échanges entres les professionnels, et dévoiler une énorme sphère de services tournés vers le patient.

Pour les éditeurs, c’est aussi l’occasion de se réinventer.

Fort de son expérience de plusieurs années sur le sujet, Ordoclic présentera prochainement son logiciel métier, pensé et créé par les professionnels de santé, pour répondre à ces nouveaux enjeux alliant simplicité et création de services.